
Rapport sur la gestion politique et administrative du problème de santé publique posé par lamiante en France.
Claude Got
(24 décembre 1997 - 30 avril 1998)
PROPOSITIONS
Ces propositions sont destinées à améliorer les conditions de lévaluation des risques, de leur prévention et de leur réparation. Elles ne concernent pas la compensation ou la réparation des préjudices subis, et qui ne sont pas actuellement pris en compte, alors quils ont été provoqués par des expositions professionnelles. Ce nest pas à moi de dire si ces situations relèvent de la solidarité, de la justice sociale ou de la justice tout court. Je suis convaincu quil serait profondément injuste de ne pas assurer une réparation qui est un dû et non une faveur. Deux situations sont à envisager :
| Il faut donner aux travailleurs de lamiante qui ont été les plus exposés (entreprises manufacturant lamiante) une durée moyenne de retraite normale. La seule méthode possible est de leur permettre de prendre leur retraite avant 60 ans. Les procédures pouvant être mises en uvre sont à définir par une négociation entre les partinaires sociaux. Plusieurs sont envisageables, il peut s'agir d'une multiplication des années dexposition par un coefficient qui rétablirait une espérance de retraite normale (comme on dit une espérance de vie normale). Compte tenu de létat de nos connaissances, un facteur de 1,4 me semblerait juste. Les études de survie actuarielle qui peuvent être conduites très rapidement ne doivent pas oublier de prendre en compte les salariés qui ont quitté les entreprises du secteur 1, à la suite dun licenciement ou volontairement. Il peut également s'agir d'une négociation permettant d'obtenir un congé de fin d'activité, comme cela a été accordé aux salariés d'entreprises de transport routier. |
| Quand des personnes exposées professionnellement ont développé des pathologies graves dont la relation avec lamiante na pas été reconnue du fait des dysfonctionnements du système de reconnaissance des maladies professionnelles, nous devons rouvrir leur dossier. Ces défaillances sont prouvées par laugmentation récente et importante de la reconnaissance des maladies professionnelles liées à lamiante qui nont pas dexplications épidémiologiques et indiquent le début dune amélioration de ce fonctionnement. Il sagit également de personnes dont le statut contient des dispositions différentes du régime général et profondément anormales (fonctionnaires, marins) et qui doivent pouvoir bénéficier (il sagira le plus souvent de leurs ayants droit) des nouvelles dispositions destinées à corriger ces aberrations. Une commission créée par une disposition législative pourrait reprendre ces dossiers avec les critères définis pour létude des demandes dindemnisation à venir. |
PROPOSITIONS
Procédure utilisée pour établir ces propositions
Depuis le début de cette mission sur l'amiante en janvier dernier, j'ai demandé aux personnes rencontrées, ou à celles qui consultaient le site internet du ministère, de me faire parvenir des propositions. Elles peuvent être consultées sur ce site. Je ne reprends dans cette partie que celles dont je recommande l'adoption. Il sagit de propositions qui mont été faites, de synthèses de fiches proches ou complémentaires, ou de propositions personnelles. Je n'ai pas placé dans cette partie deux propositions identiques, celle qui m'est parvenue la première ou qui me paraissait la plus précise a été retenue. Après le recueil d'avis, en particulier des administrations concernées, une rédaction définitive a été faite et ces fiches de proposition font partie intégrante du rapport auquel elles sont annexées. Les propositions dorigine et celles qui n'auront pas été retenues par l'auteur du rapport peuvent toujours être consultées pour information sur le site du ministère. La désignation de ces fiches par une lettre et un numéro dordre est identique à celles des fiches initiales. Cette façon de procéder était nécessaire car, si des phrases ou des idées de la fiche dorigine peuvent être retrouvées dans la rédaction finale, cette dernière peut avoir été profondément remaniée. Un rapport de ce type nest que lexploitation, le " pillage ", la transformation dun ensemble dinformations et de propositions qui ont constitué la base de mon information, et que jai tenté dexploiter pour améliorer la cohérence et lefficacité du dispositif de contrôle du risque lié à lamiante.
1 - Sécurité sanitaire dans les habitations (fiches H)
En pratique cette partie concerne l'ensemble des dispositions permettant de reconnaître la présence d'amiante dans les habitations, les modalités de mesure des taux de fibres et la communication des résultats des mesures. Il s'agit du domaine du décret 96-97 du 7 février 1996 et de ses textes d'application. La gestion de ce type de problème est du domaine de la direction générale de la santé. Il n'y a pas une indépendance complète entre ces dispositions et celles qui concernent la sécurité des travailleurs.
2 - Sécurité sanitaire des travailleurs (fiches T)
Domaine couvert par le décret 96-98 du 7 février 1996 et ses textes d'application. La gestion du problème relève de la direction des relations du travail.
3 - Maladies professionnelles (fiches MP)
Les textes concernés sont principalement dans le code de la sécurité sociale et la direction qui a en charge ces problèmes est la direction de la sécurité sociale.
4 - Environnement (fiches E)
La mise en décharge de produits contenant de l'amiante ou la pollution environnementale pouvant être produite par ce minéral sont réglées par des textes du ministère de l'environnement.
5 - Autres problèmes (particuliers ou généraux) (fiches A)
L'amiante soulève des problèmes soit très spécifiques, soit à l'opposé très généraux qui ne relevaient pas directement des catégories précédentes. Les propositions qui les concernent ont été regroupées dans cette partie.
FICHE AMIANTE DANS LES BATIMENTS : H 2
Améliorer le système de déclaration de la reconnaissance de la présence damiante dans un bâtiment
Définition du problème
Le système actuel a bien organisé lexamen des immeubles bâtis (" à la seule exception des habitations comportant un seul logement "), avec un calendrier prévoyant lachèvement de lexamen des habitations le 31 décembre 1999. Il ne sest pas donné les moyens de vérifier si le constat dun matériau dégradé ou dun empoussièrement imposant des travaux est suivi de la réalisation de ces travaux. Nous sommes dans une situation qui est fréquente dans un système de sécurité sanitaire pauvre, lEtat organise par des textes réglementaires très détaillés mais ne se donne pas les moyens de vérifier que les obligations créées sont respectées. La fraction de la population soucieuse de respecter les règles accorde son comportement au droit, celle qui na pas cette préoccupation napplique pas la réglementation. Une telle attitude est dangereuse non seulement pour la sécurité sanitaire, mais également pour les responsables politiques et administratifs. Le déficit de mise en uvre de mesures réglementaires est de plus en plus souvent reproché aux décideurs, en particulier par le développement de procédures judiciaires fondées sur labsence de contrôle de lapplication des décisions prises. Pour éviter de mettre en danger les habitants des immeubles libérant de lamiante, il faut que la réglementation soit respectée et que les pouvoirs publics se donnent les moyens de contrôler ce respect de la procédure.
Objectif de la proposition
Organiser la déclaration obligatoire de la reconnaissance de lamiante dans les habitations afin de permettre :
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action)
Le décret n° 96-97 du 7 février 1996 organise lexamen dune habitation avec trois intervenants possibles :
Larrêté du 7 février 1996 prévoit dans son article 4 que le ministre chargé de la santé reçoit un rapport annuel sur la mesure des niveaux dempoussièrement dans les habitations. Ce rapport comprend notamment :
Ce texte nexprime pas la finalité de la communication de ces résultats. Il ne précise pas sils peuvent être utilisés pour instituer le contrôle des mesures prises par les propriétaires en aval de la constatation dun empoussièrement élevé ou dun flocage dégradé. Le terme " statistique " semble plus orienter le rapport vers le contrôle de la qualité des résultats des organismes habilités à faire des mesures. Cet objectif limité est également indiqué par le fait que la situation la plus inquiétante qui est la présence damiante sous une forme très dégradée, classée au niveau 3 dans la grille dévaluation annexée au décret 96-97, ne saccompagne daucun rapport au ministre chargé de la santé, alors que cette constatation impose des travaux dans un délai de douze mois, sans même quil y ait obligation de faire des mesures dempoussièrement. Certains examinateurs de bâtiments exerçant dans le cadre des obligations du décret m'ont indiqué que le recours à des mesures d'empoussièrement était minoritaire. Dans la majorité de cas ils concluent à la nécessité de travaux quand le flocage est dégradé sans faire des mesures qui leurs paraissent inutiles.
Enoncé de la proposition
Assurer le contrôle de lexécution des travaux quand ils sont prescrits par la réglementation.
Pour atteindre cet objectif il faut organiser non seulement la déclaration obligatoire des résultats de mesure, mais également celle des observations de matériaux dégradés placés au niveau 3 dans la grille dévaluation annexée au décret de 1996. Les résultats déclarés doivent se limiter à ce qui est utile, être transmis sous un format informatique défini sous la forme dun tableau simple à deux dimensions afin dassurer une fusion facile dans une base informatique. Cette base pourra être utilisée pour effectuer des contrôles de la réalisation des travaux et pour suivre lapplication du décret de 1996. Elle pourra également être consultée par les responsables dentreprises pour mieux assurer la sécurité de leurs employés intervenant sur des habitations contenant de lamiante. Ce dernier objectif est important et distinct de lobjectif de protection des occupants dun immeuble, il sera traité dans une autre fiche de proposition spécifique, dont largumentaire sera en partie commun avec celui qui a été développé ci-dessus.
Le dispositif pourrait être le suivant :
1/ Introduire une base législative, mais elle nest pas indispensable, dautres obligations dexamens techniques et de communication de résultats existent dans un cadre réglementaire, mais qui aurait lavantage dindiquer clairement quune obligation pesant sur les citoyens a été voulue par le législateur dans le but daméliorer la sécurité sanitaire. Cette base législative très générale pourrait avoir la forme suivante :
"Le ministre chargé de la santé peut organiser par décret la déclaration obligatoire des résultats dobservations ou de mesures quantitatives prescrites par la réglementation sanitaire et effectuées par des organismes agréés, afin de pouvoir assurer le contrôle des situations potentiellement dangereuses".
Si l'état d'avancement de la loi sur la sécurité sanitaire rend difficile l'introduction de cette phrase à la suite de celle sur la déclaration obligatoire de certaines maladies non-infectieuses (il y a un parallélisme évident entre la déclaration des personnes malades et des immeubles malades dans le but d'améliorer la santé par une meilleure connaissance), il est possible de fonder l'obligation sur l'article L1 du code de la santé publique. Notamment les phrases :
- des décrets en Conseil d'Etat fixent les règles générales d'hygiène et toutes autres mesures propres à préserver la santé de l'homme, notamment en matière:
- de salubrité des habitations ;
2/ Modifier le décret n°96-97 du 7 février 1996 :
3/ Modifier larrêté du 7 février 1996 relatif aux conditions denregistrement dorganismes habilités à procéder aux contrôles de la concentration en poussières damiante dans latmosphère des immeubles bâtis. C'est l'article 4 qui doit être modifié pour introduire dans le rapport remis au ministre la notion de déclaration organisée dans le but de rendre possible la vérification de la réalisation des travaux. Le texte doit également préciser que le format de transmission informatique des données est défini dans une annexe.
4/ Produire un arrêté sur le même principe, mais avec une procédure plus simple, pour lenregistrement des personnes ou organismes examinant les bâtiments.
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en uvre)
Direction générale de la santé pour la modification des textes.
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités dagir etc.)
Il est difficile de sopposer à une mesure qui ne fait que combler une lacune dune réglementation conçue dès son origine dans un objectif de sécurité sanitaire. Si lautorité responsable de cette sécurité organise les conditions de recherche de lamiante dans les bâtiments et fixe des règles qui imposent des travaux, elle doit se donner les moyens de vérifier que ces derniers sont effectués. La difficulté principale concernera la reprise des résultats dexamens dimmeubles réalisés entre 1996 et la décision de créer lobligation de déclaration. Il est possible dassocier l'enregistrement des personnes ou des organismes assurant la reconnaissance de l'amiante dans les bâtiments dans le cadre du décret du 7 février 96 à la fourniture des résultats concernant les examens antérieurs. Si des personnes ont effectué de tels examens et ne demandent pas leur agrément, la déclaration devra être faite par les propriétaires des bâtiments dans lequel lamiante a été reconnu. La consultation des déclarations faites par les professionnels étant facilement accessible, les propriétaires pourront constater si les déclarations ont été faites et se substituer à lexaminateur en cas de besoin en effectuant une déclaration au niveau des services locaux.
Le problème posé par la localisation de ces déclarations (niveau central ou niveau local) doit être envisagée dans le contexte actuel des réseaux informatiques et non dans une optique dépassée de gestion de documents "physiques". La source des données est un intervenant qui n'agit pas seulement au niveau de son département, voire de sa région, il est donc nécessaire que les données qu'il communique soient disponibles à un niveau national. Le point d'entrée des données est un problème secondaire, mais il est important de définir au niveau national leur contenu et leur structure pour faciliter une fusion informatisée. Quand une première version d'un tel fichier aura été constituée, il faudra situer au niveau local les actualisations faites à la suite des déclarations individuelles des propriétaires. Cest également au niveau local que se fera le contrôle de lapplication de la réglementation. La gestion dun problème de ce type ne peut être assuré que par une action dorganisation coordonnée au niveau central, avec en particulier une réglementation appropriée, et des services locaux capables deffectuer la vérification de leur application sur le terrain.
FICHE AMIANTE DANS LES BATIMENTS : H 17
Recherche obligatoire de lamiante sous toutes ses formes avant une opération de démolition ou de réhabilitation
Définition du problème :
Lors des opérations de démolition ou de réhabilitation les entreprises peuvent être confrontées à la présence d'amiante.
Si le repérage n'a pas été fait au préalable, il peut s'ensuivre un risque d'exposition pour les travailleurs et les populations avoisinantes. Il est également probable que les matériaux contenant de lamiante seront mis en décharge sans respecter les textes qui imposent des procédures particulières.
Objectif de la proposition :
Faciliter la mise en oeuvre de la prévention nécessaire pour la population comme pour les travailleurs en cas de démolition ou de réhabilitation.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action) :
A l'heure actuelle, le repérage se fait dans le cadre de l'évaluation des risques au moment des travaux. Si cela n'est pas réalisé avant, l'intervention de l'inspecteur arrive trop tard ; en cas de démolition, les dégâts sont faits.
En cas de réhabilitation, la découverte de l'amiante nécessite une interruption des travaux et un nouveau devis.
Enoncé de la proposition :
Introduire une obligation faite au propriétaire de repérage exhaustif de l'amiante dans les bâtiments avant démolition ou réhabilitation. Définir en collaboration avec le ministère de l'Equipement et les partenaires techniques ce qui doit être considéré comme une opération de réhabilitation devant être déclarée aux services décentralisés de lEtat.
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en uvre) :
DGS - Equipement.
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités d'agir, etc.) :
La difficulté sera de définir le niveau dimportance des travaux à partir duquel la reconnaissance de lamiante sera obligatoire. Il est nécessaire de coordonner cette mesure avec les obligations faites (implicitement !) à un employeur dans le cadre du décret 96-98. Si les travaux que son entreprise doit réaliser entrent dans le cadre de la réhabilitation, il doivent être précédés par un diagnostic exhaustif.
FICHE AMIANTE DANS LES BATIMENTS : H 6
Mettre à la disposition de tous les utilisateurs une information complète sur la présence damiante dans un bâtiment
Définition du problème
Linformation sur la présence damiante dans un bâtiment doit être améliorée. Le risque dêtre exposé à lamiante sest déplacé des travailleurs manufacturant lamiante vers ceux qui interviennent sur un bâtiment dont certains éléments contiennent ce minéral. Actuellement le décret 96-97 du 7 février 1996 exige des propriétaires quils : " communiquent ce dossier à toute personne physique et morale appelée à effectuer des travaux dans limmeuble bâti ". Si les travaux se font à linitiative dun locataire qui na pas demandé la transmission des résultats de lexpertise prévue dans le décret, la personne qui effectue des travaux ne sera pas avertie du risque éventuel. Il est en outre souhaitable que les entreprises, qui sont responsables de la sécurité des travailleurs qu'elles emploient, aient un accès facile à ce renseignement, par exemple dès l'établissement d'un devis de travaux.
Objectif de la proposition
Faciliter linformation sur la présence damiante dans un bâtiment par une signalisation adaptée et la création dun répertoire régulièrement mis à jour et accessible à tous.
Jai proposé la déclaration obligatoire des résultats positifs de la recherche damiante dans les bâtiments pour permettre au ministre ayant en charge la santé dexercer une action de contrôle sans laquelle il ny a pas de sécurité sanitaire possible. A cette organisation du recueil de l'information il faut associer une facilitation de sa diffusion et de sa consultation. La disponibilité des résultats doit contribuer à améliorer la protection de ceux qui effectuent des travaux sur ces immeubles en leur permettant de savoir quils vont intervenir sur un bâtiment contenant de lamiante, et donc de consulter les documents indispensables à leur information (voir : plan de gestion) et dadopter le niveau de protection requis.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action)
Les textes établis dans le domaine de la sécurité du travail placent au niveau de lemployeur la responsabilité de la sécurité de ses employés. Il est cependant évident que la reconnaissance de la présence damiante dans un bâtiment ne se limite pas à lexistence de flocage, de calorifugeage et de faux plafonds contenant ce produit. De nombreux matériaux durs ou semi-durs en contiennent et quand on assiste à des séances de formation spécialisée douvriers du secteur 3 intervenant par exemple sur une cloison amiantée, on voit que le problème de la reconnaissance de lamiante dans un bâtiment dépasse celui défini dans le décret 96-97 du 7 février 1996. La difficulté est de choisir le niveau dextension auquel on souhaite fixer la recherche damiante dans les bâtiments pour rendre efficace la gestion de la prévention dans tous les immeubles, lintervenant ayant simplement à consulter un fichier, à terme exhaustif, des bâtiments collectifs pour savoir à quel risque il est exposé. Certains considèrent un tel projet comme trop ambitieux, difficilement réalisable, voire inutile, je ne suis pas convaincu par leurs arguments. Nous savons gérer des grandes bases de données (annuaires, fichier des permis de conduire) et les sociétés de marketing gèrent des fichiers plus complexes que celui qui serait nécessaire pour identifier la présence damiante dans les immeubles collectifs (le problème est très différent dans les pavillons qui dans lensemble contiennent peu damiante) .
L'obstacle est principalement économique. L'obligation de recherche de l'amiante a d'abord concerné les flocages et les calorifugeages, puis elle a été étendue aux faux plafonds, ajouter le reste dans une troisième étape (en moins de 3 ans !) ne donnerait pas l'image d'une démarche réfléchie alors qu'il n'y a pas de connaissances nouvelles apparues depuis la première décision ! Chaque exigence supplémentaire contraint les propriétaires à reprendre une démarche diagnostique qui a un coût. Il est souhaitable de fonder l'intérêt et surtout les méthodes de la reconnaissance exhaustive dans les immeubles par un programme de recherche adapté. Il est proposé dans une autre fiche (fiche H 7). Il est possible dans un premier temps de ne pas créer une obligation réglementaire supplémentaire en dehors des démolitions et des réhabilitations (fiche H 17) et de préciser dans les fichiers consultables le niveau du diagnostic, une partie étant obligatoire, une partie optionnelle. Les fichiers contiendraient obligatoirement linformation sur les résultats de la recherche obligatoire prévue par le décret du 7 février 1996 et, si elle est disponible, linformation sur une recherche complète dun produit amianté (étendue aux cloisons et aux sols). Il est en effet de plus en plus fréquent d'avoir des diagnostics exhaustifs, en particulier lors de la vente d'appartements ou d'immeubles.
Enoncé de la proposition
Linformation doit faire appel à trois méthodes complémentaires :
- signaler la présence damiante par lusage de la signalisation normalisée spécifique de lamiante, un groupe de travail se réunira pour définir les caractéristiques de cette signalisation,
- mettre en place des plans de gestion de l'amiante dans les immeubles sous la forme de documents normalisés contenant la totalité des informations utiles aux intervenants (cf. fiche H8).
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en uvre)
Direction Générale de la Santé Ministère de léquipement et du logement
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités dagir etc.)
Lopposition peut provenir des propriétaires qui verraient dans cette visibilité des bâtiments amiantés un risque de dévalorisation de leur patrimoine. Il est facile de prévoir dans le fichier toutes les décisions de mise en conformité, en particulier la date dachèvement dun désamiantage si cette solution a été retenue. Le calendrier de la recherche de lamiante est connu et la vente dun immeuble sans signalement de la présence éventuelle damiante nest plus concevable.
Lautre objection sera celle de la difficulté de maintenir un fichier aussi important à jour. Elle est formulée chaque fois quun projet de fichier informatique de grande taille est envisagé. La qualité de ce type de fichier ne dépend que de son organisation, recherchant la simplicité et la transmission de données sous une forme informatisée, sans resaisie. Quand larrêté du 7 février 1996 a prévu un rapport annuel produit par les organismes procédant aux mesures dempoussièrement, sans organiser simultanément la transmission de ces résultats sous une forme standardisée et informatisée, il renonçait à exploiter utilement ces rapports. Dans un second temps les responsables de la gestion de cette information lont structurée et informatisée, elle est alors devenue utilisable. Si les organismes examinant les immeubles adressent au ministre des fichiers informatiques sous un format standardisé, comme ladministration a su les organiser dans le domaine de la gestion financière, la tâche à assurer se limitera à la fusion des fichiers de déclaration. Chaque jour nous constatons lusage de fichiers de centaines de milliers, voire de millions denregistrements, qui gèrent les habitudes des consommateurs, les permis de conduire, les immatriculations de véhicules. Tenter de nous faire croire quil serait difficile de gérer le fichier de la présence d'amiante dans les immeubles nest pas sérieux. Ce fichier sera suivi d'autres du même type concernant la présence de plomb, de radon ou de tout autre risque environnemental lié à un bâtiment.
FICHE AMIANTE DANS LES BATIMENTS : H 8
Mise en place de plans de gestion dans tous les bâtiments où la présence damiante a été reconnue
Définition du problème
La réglementation actuelle nimpose pas, en général, de prendre de précautions particulières face à lamiante en place dans les bâtiments. Le décret n° 96-97 du 7 février 1996 (modifié le 12 septembre 1997) impose la réalisation de travaux, seulement dans le cas où cet amiante est présent dans flocages, calorifugeages ou faux-plafonds et se trouve dans un état de dégradation avancé. Or dans la majorité des cas lamiante restera en place pour de nombreuses années encore et nécessite la mise en place de mesures de sécurité appropriées pour éviter que les personnes ne soient exposées.
Objectif de la proposition
Mettre en place des plans de gestion dans tous les bâtiments contenant de l'amiante, pour protéger les occupants et intervenants.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action)
L'essentiel de la pollution dans les bâtiments contenant de l'amiante provient des activités :
En labsence de procédures rigoureuses ces activités peuvent engendrer des pollutions considérables.
La seule solution pour prévenir cette situation et protéger les occupants et intervenants est la mise en place systématique de plans de gestion dans tous les bâtiments contenant de l'amiante, pour assurer une information rigoureuse de tous les intervenants sur la présence d'amiante et la conduite à tenir. La protection face à l'amiante est un problème complexe et il est indispensable d'utiliser les compétences des différents acteurs pour mettre en place ces plans de gestion (experts chargés du diagnostic, inspecteurs du travail, agents de prévention des CRAM, etc.).
De tels plans existent dans certains pays, ils ont été établis par des administrations ou des organismes privés. Le gouvernement fédéral canadien a produit un document utilisé dans les établissements publics, ses principes sont adaptables à nimporte quel bâtiment.
Enoncé de la proposition
Rendre obligatoire la mise en place, dans chaque bâtiment contenant de l'amiante, dun plan de gestion. Ce plan doit préciser quelle est létendue du diagnostic qui a été pratiqué (reconnaissance des formes les plus dangereuses damiante dans le cadre du décret 96-97 du 7 février 1996 ou repérage complet de toutes les formes damiante accessible. Le bon usage dun tel plan de gestion implique que tous les occupants de limmeuble ont une connaissance de son existence, de lendroit où il peut être consulté et une information résumée sur son contenu et sur les circonstances dans lesquelles il est utile ou obligatoire de sy référer :
Le plan de gestion doit notamment préciser :
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en oeuvre) : Ministères en charge de la Santé et du Travail. Organismes en charge de la prévention.
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités d'agir etc.) : Coût et très grand nombre d'acteurs qui doivent être sensibilisés. Le développement et le maintien dun niveau de qualité satisfaisant pour ces documents imposent des contrôles organisés.
FICHE AMIANTE DANS LES BATIMENTS : H 1
Préciser la planification des travaux quand létat de lamiante dans un bâtiment impose leur réalisation
Définition du problème
Le décret 96-97 du 7 février 1996 indique que la situation de lamiante dans des bâtiments impose des travaux dans deux situations :
Dans les deux cas le décret indique une obligation de travaux avec une rédaction très ambiguë :
La notion de "travaux appropriés" devient un élément critique dans une telle situation. Quel niveau de confinement peut être considéré comme suffisant ? Quand un examinateur a constaté la présence d'amiante dégradé et a recommandé un enlèvement, quelle est alors l'obligation du propriétaire ? peut-il se contenter de faire un confinement et d'abaisser l'empoussièrement au dessous du seuil d'intervention ? Dans les deux cas, il est possible dengager des travaux et de laisser passer plusieurs années avant d'achever un traitement approprié.
Objectif de la proposition
Organiser la planification des travaux et leur nature quand la reconnaissance de la présence d'amiante dans un bâtiment justifie une intervention (aspect de niveau 3 dans la grille annexée au décret 96-98 du 7 février 1996 ou présence de plus de 25 f/l lors des mesures du niveau d'empoussièrement) .
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action)
Il nest pas sérieux de fixer une limite de 12 mois pour engager des travaux sans avoir la moindre règle précisant quelle est la nature des "travaux appropriés" et le délai dans lequel ils doivent être achevés. Si la présence damiante dans un bâtiment justifie la réalisation de travaux (qui ne sont pas obligatoirement un désamiantage), il convient dencadrer le début et la fin des travaux. Il est en outre nécessaire de profiter de cette adaptation de la réglementation pour préciser ce que lon entend par commencer les travaux. Si un bâtiment de grande hauteur ou de grande surface (Jussieu) est saucissonné en de très nombreuses zones considérées comme homogènes, est-il nécessaire de commencer les travaux dans chacune de ces zones dans ce délai de douze mois ou peut-on faire une succession de travaux sétalant sur dix ou quinze ans ? Si lon précise ces points, lavis du technicien qui a fait le diagnostic initial va devenir critique. Si sa conclusion est que létat des flocages impose les travaux dans un délai de douze mois, quelle est la ressource du propriétaire qui ne souhaite pas faire des travaux de désamiantage coûteux et qui désire se contenter de travaux de confinements sommaires ? Peut-on accepter cette solution et se contenter dune mesure des niveaux dempoussièrement après les travaux provisoires ou faut-il définir une procédure darbitrage et dexpertise décidant quelle est lattitude adaptée ?
Enoncé de la proposition
Modifier le décret n°96-97 du 7 février 1996 comme suit :
- Remplacer la dernière phrase de larticle 4 par : " - soit à des travaux appropriés dont la nature et les délais de réalisation seront précisés dans un délai de six mois. Ils devront être achevés dans un délai de douze mois. "
- Remplacer le dernier alinéa de larticle 5 par : " Si le niveau dempoussièrement est supérieur ou égal à 25 fibres/litre, les propriétaires procèdent à des travaux appropriés dont la nature et les délais de réalisation seront précisés dans un délai de six mois. Ils devront être achevés dans un délai de douze mois. "
- Définir la notion de travaux appropriés lors du premier usage de cette expression à l'article 4 du décret . Il convient de déterminer, en collaboration avec le ministère de léquipement et les organismes techniquement compétents les caractéristiques des personnes ou organismes susceptibles de déterminer si les travaux sont appropriés, au vu du cahier des charges établi par l'entreprise qui va procéder à la réalisation de ces travaux à la demande du propriétaire".
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en uvre)
Modification du décret 96-97 du 7 février 1996 à linitiative de la ministre de la solidarité et de lemploi.
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités dagir etc.)
Argumentation des propriétaires fondée sur le coût des travaux, mais elle nest guère solide car ils simposent de toutes façons et ils ont, comme les pouvoirs publics, besoin de garanties dune bonne adaptation des travaux à l'état de l'amiante observé.
FICHE AMIANTE DANS LES BATIMENTS : H 7
Pratiquer un contrôle de qualité de la reconnaissance de la présence damiante dans des bâtiments
Définition du problème
Le dispositif réglementaire définissant les qualités des personnes qui effectuent lexamen des bâtiments pour la recherche damiante sous forme de flocages de calorifugeage et de faux plafonds est très réduit. Il faut être un contrôleur du bâtiment au sens du décret de 1978 ou un technicien de la construction qui a contracté une assurance couvrant sa responsabilité dans ce domaine dexpertise.
Objectif de la proposition
Instituer un contrôle de qualité de cette pratique pour connaître son degré de spécificité (quand on reconnaît de lamiante, il sagit bien de ce produit) et de sensibilité (savoir dans quelles proportions de cas lamiante est passé inaperçu).
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action)
Le décret du 7 février 1996 n'a pas institué une procédure très exigeante, donnant des garanties sur le savoir faire de ces praticiens, au minimum sous la forme dune durée de formation définie, assurée par des organismes compétents. Une telle procédure aurait retardé la mise en uvre du plan dexpertise des bâtiments défini en février 1996, sans apporter des garanties très solides. Lexpérience des métiers de la construction de celui qui se lance dans cette activité, que ce soit à titre personnel ou dans le cadre dune grande entreprise, est probablement plus importante que la justification dune formation courte. Il serait cependant utile davoir une connaissance statistique de la proportion de cas où la présence damiante au sens défini dans le décret du 7 février 1996 na pas été reconnue.
Enoncé de la proposition
Développer un corps très limité de contrôleurs ayant une pratique particulièrement approfondie de la reconnaissance de lamiante dans les bâtiments pour évaluer les cas de " faux positifs " et de " faux négatifs " dans la recherche damiante. Il ne sagit pas de contrôler les laboratoires qui identifient lamiante sur un prélèvement, cette pratique fait lobjet dune autre proposition, mais de contrôler le diagnostic visuel. Les faux positifs sont possibles dans cette pratique car le contrôle par un laboratoire de la nature de la substance fibrillaire identifiée nest pas une obligation.
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en uvre) : A déterminer entre les différents ministères concernés.
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités dagir etc.)
Réticences des professionnels face à toute forme de contrôle, il ne sera craint que de ceux qui sont les moins performants.
FICHE AMIANTE DANS LES BATIMENTS : H5
Mise en place dun réseau de laboratoires sengageant à pratiquer rapidement une identification de lamiante à la demande de particuliers ou dentreprises
Définition du problème
Un particulier qui bricole chez lui, une PME, un artisan peuvent avoir à identifier de lamiante dans un matériau. Actuellement rien nest fait pour leur faciliter la tâche. Quand un de ces intervenants a un doute sur la présence damiante dans un produit sur lequel il intervient ou doit intervenir, il doit pouvoir obtenir en 24 heures une recherche damiante pour un coût faible.
Objectif de la proposition
Faciliter la mise à disposition des particuliers et des petites entreprises une méthode facile et peu coûteuse didentification au niveau de chaque département et faire connaître cette possibilité. Il est possible denvisager un accord sur le coût de cette recherche élémentaire sur un échantillon par négociation avec les laboratoires habilités à faire cette identification.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action)
Cest la facilitation de laccès au renseignement qui diffusera la recherche damiante dans les sites qui ne sont pas concernés par lobligation actuelle (limitée aux flocages, calorifugeages, faux plafonds). Exemple : le propriétaire dune maison individuelle construite en 1928 fait refaire sa cheminée. Le maçon tombe sur un isolant fibrillaire qui est probablement de lamiante et couvre le sol du séjour dune fine poussière blanche. Il aspire la poussière avec un aspirateur ordinaire qui est un diffuseur de particules fines et continue ses travaux. Le propriétaire se demande sil doit coucher à lhôtel le soir et comment il doit éventuellement " décontaminer " sa maison. Il doit pouvoir obtenir facilement ladresse du laboratoire le plus proche susceptible didentifier lamiante.
Enoncé de la proposition
Demander aux laboratoires habilités à faire des identifications de lamiante de participer à un réseau sengageant à fournir des résultats dans un délai bref à toute demande didentification de lamiante. La liste de ces laboratoires serait diffusée (minitel, internet) pour faciliter laccès des utilisateurs potentiels à ce service.
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en uvre)
Négociation avec les laboratoires en cours dhabilitation dans le cadre de larrêté du 28 novembre 1997.
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités dagir etc.)
Les difficultés ne peuvent être que mineures, concernant le prix et le délai raisonnable de communication des résultats.
FICHE AMIANTE DANS LES BATIMENTS : H 4
Organiser une étude du risque dêtre exposé à rencontrer de lamiante dans une intervention sur une partie dun immeuble non concernée par les obligations de recherche actuelles
Définition du problème
La recherche de lamiante dans les bâtiments collectifs est actuellement limitée aux flocages, aux calorifugeages et aux faux plafonds. Le développement de la compréhension du risque auquel est exposé un travailleur intervenant sur un matériau amianté démontre que des matériaux durs (plâtre projeté contenant de lamiante, panneaux isolants, dalles de vinyle, feutres isolants sous les dalles, etc) exposent, quand ils sont percés ou enlevés dans de mauvaises conditions, à des empoussièrement importants. Il est peu rationnel davoir limité la recherche aux éléments certes les plus dangereux potentiellement, mais qui ne sont pas les seuls en cause dans lexposition au risque lié à lamiante. Cependant il serait prématuré dimposer immédiatement une reconnaissance exhaustive de lamiante dans lintégralité des bâtiments. Il faut améliorer notre connaissance de ce que l'on cherche, ne serait-ce que pour améliorer les compétences de ceux qui ont à effectuer les examens des bâtiments dans le cadre de la réglementation.
Objectif de la proposition
Préciser sil convient détendre la recherche damiante à lensemble des parois des pièces des immeubles en se fondant sur un programme de recherche conduit rapidement et visant à mieux connaître le risque. Les résultats de cette recherche contribueraient à améliorer la compétence des techniciens procédant à l'examen des bâtiments.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action)
Le système de contrôle du risque lié à lamiante a souvent été en retard, dune observation, dune mesure ou dune interdiction. Il convient dachever le dispositif en évaluant le risque de rencontre de lamiante dans un environnement défini qui nest pas actuellement inclus dans les obligations de recherche réglementaires. Les organismes et les techniciens qui pratiquent la recherche damiante dans un bâtiment ont acquis une connaissance orientée vers les obligations prévues dans le décret 96-97 du 7 février 1996. Il est maintenant nécessaire de compléter ces connaissances par des recherches dont les résultats serviront à former les professions du bâtiment et éventuellement à compléter la réglementation en se fondant sur des arguments objectifs. On ne peut former les employeurs et les employés à une évaluation des risques courus en travaillant sur une cloison pour fixer un chauffe eau, passer un câble, ou modifier une cloison pour mettre en place une porte, sans leur fournir des données produites par une étude portant sur un nombre de bâtiments suffisantes, précisant à la fois le risque statistique et les procédures d'évaluation du risque au niveau individuel.
Il faut conduire une recherche dont lobjectif est de répondre à des questions très simples et concrètes, par exemple :
Enoncé de la proposition
Conduire les études qui permettront dans un second temps de modifier le décret 96-97 du 7 février 1996 en fonction de leurs résultats. Les trois études importantes sont :
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en uvre)
Collaboration entre les organismes techniques compétents dans le domaine du bâtiment (OPPBTP, CSTB, INRS), le Ministère de léquipement, le Ministère de lemploi et de la santé.
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités dagir etc.)
| il faut trouver rapidement le financement de cette recherche, | |
| il faut obtenir ladhésion des professionnels qui ont
commercialisé des produits contenant de lamiante. Cette démarche impose une
négociation avec eux et éventuellement lusage de mesures réglementaires si la
négociation échoue |
FICHE AMIANTE DANS LES BATIMENTS - H 18
Définition du problème :
De nombreux corps de métiers sont confrontés au problème de l'amiante en place sans le savoir ou ne sont pas conscients des risques qu'ils encourent lorsqu'ils interviennent sur des matériaux susceptibles de libérer des poussières d'amiante.
Objectif de la proposition :
Favoriser la prise de conscience du risque de l'amiante en place et des moyens de protection nécessaire.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action) :
Les travaux au contact de matériaux susceptibles d'émettre des fibres d'amiante sont aujourd'hui les plus difficile à contrôler.
La réglementation qui prévoit les protections nécessaires ne sera appliquée que si les acteurs concernés sont sensibilisés et conscients des risques qu'ils prennent.
Films, dépliants, guides ont été diffusés mais l'étendue de la population concernée et son profil nécessitent des moyens médiatiques plus adaptés.
Enoncé de la proposition :
Prévoir une série de spots télévisés dans le style du film de lINRS "les tontons perceurs" pour toucher un public large sur les dangers et les moyens de protection nécessaires.
Localisation de cette action (localisation administrative et organisme susceptible (de la mettre en oeuvre :
DRT-DAGEMO
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités d'agir, etc.) :
Coût
FICHE TRAVAIL : T 20
Réformer les conditions dexercice de la médecine du travail
Définition du problème
La médecine du travail a en grande partie échoué dans la prévention des maladies professionnelles liées à l'amiante.
Objectif de la proposition
Modifier la définition des objectifs, des priorités, de l'organisation de la médecine du travail en fonction de ce que nous avons appris avec l'exemple de l'amiante.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action)
Nous savons qu'il est difficile d'assurer une prévention adaptée quand les conséquences sur la santé de l'exposition à un risque surviennent après un temps de latence long. Cette période est fréquemment d'une trentaine d'années pour les cancers induits par l'amiante. Cependant les connaissances acquises sur le risque carcinogène de l'amiante ont également précédé de quelques décennies les décisions destinées à assurer la protection des travailleurs et leur mise en uvre alors que les méthodes permettant de réduire l'exposition à des poussières d'amiante étaient déjà disponibles. Il y a donc eu une sous évaluation du risque et une inadaptation partielle des structures destinées à assurer la sécurité des travailleurs, en particulier de la médecine du travail.
Nous ne pouvons considérer que cette situation résulte d'une insuffisance numérique des médecins du travail. La France est un des pays industrialisés où le nombre de médecins du travail rapporté au nombre de salariés est parmi les plus élevés. Il s'agit manifestement d'un emploi inadéquat de ces médecins, éventuellement associé à une insuffisance de transfert d'informations du domaine de la recherche vers le domaine de la pratique, et à une capacité dagir réduite par le statut du médecin du travail qui dépend directement de lentreprise qui lemploie (ou indirectement dans le cas dune structure interentreprise dont lactivité demeure dépendante de la décision dune entreprise davoir recours à ses services).
Cette situation exige que l'on réponde aux questions suivantes :
| le statut des médecins du travail, qu'il s'agisse de médecins d'une entreprise ou de médecins de structures interentreprises, leur permet-il d'assurer leur rôle dans la prévention des risques de maladies professionnelles ? |
| le temps et les dépenses consacrés au suivi post exposition ont-ils fait la preuve de leur utilité pour la personne exposée au développement d'une pathologie tumorale telle que le mésothéliome ou le cancer broncho-pulmonaire ? Serait-il plus utile d'utiliser ce temps de médecin du travail et les moyens financiers correspondant à la vérification des niveaux d'exposition au risque, en particulier pour les ouvriers du secteur 3, ou à la formation des personnels à la protection vis-à-vis des poussières et à l'évaluation du respect des règles de protection ? |
Enoncé de la proposition
Constituer rapidement deux groupes de travail devant produire dans un délai limité (avant la fin de l'année 1998 me semble un délai raisonnable) deux ensembles de propositions :
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en uvre)
Définition de la mission de chacun de ces groupes et nomination de leurs membres par les ministres ayant en charge la solidarité, l'emploi et la santé. Le but de cette procédure nest pas déviter la consultation des organismes et des professions concernés, mais dobtenir des propositions de décisions cohérentes qui seront lobjet dun choix déterminé par les objectifs à atteindre et non par lobtention dun accord général. Une technique de recherche progressive du plus grand commun dénominateur entre les différentes parties pourrait être mise en uvre, les méthodes habituelles des commissions réussissant difficilement à faire aboutir rapidement des projets de réforme complexes, faute de capacité à faire évoluer des propositions en les soumettant itérativement à la critique des groupes concernés. Dans larsenal des outils de communication qui se développe actuellement, les techniques de travail en groupe par messagerie électronique pourraient se coupler avec les méthodes de recherche dune convergence progressive des propositions dun ensemble de partenaires sur un cahier des charges précis.
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités dagir etc.)
Ce sont celles des réformes structurelles remettant en question des activités de routine. Il ne s'agit ni d'une question de moyens, ni de capacités humaines mais de prérogatives. Qui décide de la sécurité dans les entreprises ? quelles sont les responsabilités des uns et des autres (employeurs, médecins, pouvoirs publics) ? Cette réorganisation ne provoquera pas un accroissement du coût de la médecine du travail car le but nest pas daugmenter le nombre de ces médecins, mais de les utiliser différemment en distinguant mieux le rôle du médecin dans lappréciation de laptitude du salarié, dans lévaluation des risques dans lentreprise et leur réduction, enfin dans le contrôle de lapplication des règlements.
FICHE TRAVAIL : T 3
Organisation de lintervention des médecins du travail sur les chantiers denlèvement de lamiante
Définition du problème.
Les instructions techniques aux médecins du travail définies par l'arrêté du 13 décembre 1996 sont très pertinentes, mais elles ne seront pas appliquées dans l'état actuel du fonctionnement de la médecine du travail.
Objectif de la proposition.
Adapter l'organisation des services médicaux interentreprises pour qu'ils puissent remplir leur rôle de surveillance des personnels impliqués dans les activités de désamiantage, en particulier sur les chantiers.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action).
La qualité de la surveillance des chantiers denlèvement de lamiante sera déterminante dans la prévention des risques dune nouvelle forme dexposition à ce produit qui est la conséquence des obligations réglementaires prévues par le décret 96-97 du 7 février 1996. La présence damiante dégradé, ou dun niveau dempoussièrement élevé dans un bâtiment contraint le propriétaire à entreprendre des travaux dans un délai de douze mois. Dans un certain nombre de cas, la seule solution techniquement acceptable sera lenlèvement de lamiante. Si cet enlèvement est fait dans de mauvaises conditions, le risque dexposition à un niveau dempoussièrement supérieur aux limites réglementaires peut être important. La prévention de ce risque est de la responsabilité de lemployeur. Le respect des règles doit être lobjet de vérifications de la part des inspecteurs du travail et des médecins du travail. Les entreprises réalisant ces travaux sont fréquemment de petites entreprises qui nont pas de médecins du travail faisant partie du personnel de lentreprise, ce sont des services interentreprises qui assurent les obligations réglementaires, ils sont mal adaptés à ce type de prévention. En outre les chantiers peuvent se trouver à distance des lieux dexercice du médecin qui assure la surveillance des salariés. Si une entreprise de lIle de France assure un chantier à Clermont Ferrand, comment le médecin du travail qui suit les salariés peut-il assurer ses fonctions ?
L'arrêté du 13 décembre 1996 énonce les missions du médecin dans l'ordre suivant:
1 - surveillance des conditions de travail - évaluation des risques,
2 - rôle de formation, information, conseil,
3 - visite sur les lieux de travail,
4 - surveillance médicale des salariés.
L'organisation actuelle de l'activité des médecins en service interentreprise ne permettra pas d'assurer les 3 premières missions : en effet cette activité est centrée sur les visites médicales et la détermination de l'aptitude, pas sur la prévention au poste de travail.
Sans attendre une réforme nécessaire des conditions d'exercice de la médecine du travail, qui ne peut être quun bouleversement profond et difficile dun exercice professionnel, il faut améliorer ladaptation des services interentreprises à la prévention du risque lié aux chantiers de désamiantage.
Énoncé de la proposition.
Attribuer la surveillance des chantiers denlèvement de lamiante à des médecins formés à cette pratique, ayant leur activité professionnelle dans le département où se situent les travaux et non dans celui où est domiciliée lentreprise. Ces médecins devront travailler avec les organismes ayant en charge la protection des travailleurs, en particulier les CRAM et les inspections du travail. Ils contribueront à mettre en uvre les méthodes vérifiant la qualité de la protection des travailleurs, en particulier les dispositifs de mesure en continu de lempoussièrement portés par les ouvriers et complétant les mesures effectuées à des points fixes sur le chantier. Comme il y a une dosimétrie dans la protection contre les radiations ionisantes, il doit y avoir un large usage des techniques équivalentes dans le cas dun risque dempoussièrement potentiellement dangereux. Ces méthodes développées dans les mines damiante et dans les industries manufacturant ce produit doivent être utilisées sur les chantiers de désamiantage. Ces médecins doivent également intervenir dans des domaines de lergonomie des conditions de travail qui ont une importance déterminante dans la sécurité des chantiers. Les tenues de protection rendent difficile la régulation thermique lété, spécialement dans les régions les plus méridionales. La surveillance des conditions dhydratation, de la température corporelle, relève de la médecine du travail sur site et non dune visite daptitude dans un cabinet de consultation.
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organismes susceptibles de la mettre en oeuvre).
DRT
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités dagir, etc.).
Nécessité de développer des accords entre les entreprises habilitées à pratiquer des enlèvements de lamiante et les structures de médecine du travail interentreprises employant des médecins formés à la surveillance des personnels travaillant sur leurs chantiers. La sécurité ne peut être assurée que par la collaboration des différents acteurs de la prévention.
FICHE TRAVAIL : T 19
Assurer un soutien technique au niveau de linspection du travail
Définition du problème :
Le contrôle de la réglementation mise en oeuvre nécessite une compétence technique qui nest pas toujours disponible dans les services d'inspection.
Objectif de la proposition :
Généraliser le soutien technique des corps d'inspection au niveau des directions régionales.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action) :
Le corps d'inspection comporte environ 400 inspecteurs et 800 contrôleurs polyvalents, c'est-à-dire en charge des questions d'emploi, de formation, de durée du travail et d'hygiène et sécurité au travail.
La complexité du problème de l'amiante, le principe d'évaluation du risque sur lequel repose le niveau de protection nécessite souvent une compétence technique relativement pointue.
Aujourd'hui quelques régions disposent d'un ou deux ingénieurs de sécurité (11 ingénieurs sur la France) pour l'ensemble des problèmes (machines, bâtiments, équipement, chimie, rayonnement, hyperbarie, etc ... )
Enoncé de la proposition :
Créer une vingtaine de postes d'ingénieurs de sécurité pour que chaque direction régionale dispose d'une compétence technique en matière de sécurité.
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en oeuvre :
DAGEMO - Ministère du budget.
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités d'agir, etc.) :
Budget
FICHE TRAVAIL : T 16
Faciliter la mise à disposition dinformations actualisées par les administrations qui ont en charge la réglementation concernant lamiante
Définition du problème :
L'administration est confrontée avec l'amiante à une très grande demande d'informations de la part des services d'inspection (essentiellement), des entreprises et des syndicats (plus ponctuellement).
Objectif de la proposition :
Faciliter la mise à disposition d'informations par la direction des relations du travail.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action) :
L'administration dispose d'une masse d'informations sur le problème de l'amiante qu'elle n'a pas les moyens de diffuser faute de temps et de logistique. Elle est de ce fait très sollicitée par téléphone et doit faire circuler de nombreux documents chargeant un secrétariat déjà peu disponible.
L'utilisation du site INTERNET devrait soulager le bureau CT4 sous réserve qu'un secrétariat soit en mesure de contribuer à la gestion du site.
Enoncé de la proposition :
Équiper daccès INTERNET les bureaux de CT et chacune des sections d'inspection.
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en oeuvre :
DRT-DAGEMO
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités d'agir, etc.)
Coût
FICHE TRAVAIL : T 14
Améliorer la vérification de la formation et de linformation des personnes intervenant professionnellement sur un bâtiment contenant de lamiante
Définition du problème
La prévention du risque chez les travailleurs intervenant sur un bâtiment comportant de lamiante suppose quils soient informés de la présence damiante et formés à lintervention dans un tel contexte. La définition réglementaire de ces mesures de prévention me semble insuffisante.
Objectif de la proposition
Améliorer lorganisation de la prévention du risque lors dune intervention professionnelle sur un bâtiment. Les personnes concernées doivent être conscientes des risques encourus et avoir reçu une formation leur permettant dy faire face.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action)
Le secteur du bâtiment se prête mal à la prévention. La sous-traitance est très développée, les emplois sont fréquemment précaires, la proportion de travailleurs dont la langue maternelle nest pas le français est élevée, en outre il sagit dun secteur dactivité où le risque accidentel est important, ce qui contribue à le banaliser et à rendre difficile la prise en compte dun danger lié à un cancérogène qui nest pas perceptible directement et qui suppose une connaissance à la fois théorique et pratique du risque lié à lamiante.
Trois conditions doivent être réunies pour assurer une prévention satisfaisante dans ce domaine :
Enoncé de la proposition
Quand une entreprise intervient sur un bâtiment contenant de lamiante, le décret 96-97 du 7 février 1996 fait une obligation au propriétaire davertir un intervenant de cette présence, il est dautre part obligatoire que les ouvriers qui interviennent aient reçu une formation à ce type dintervention (article 4 du décret 96-97 du 7 février 1996). Il convient dinstituer un formalisme minimum pour vérifier que ces obligations sont satisfaites. Elles peuvent prendre la forme dun simple registre tenu par le propriétaire et accompagnant le " plan de gestion de lamiante dans un immeuble ", il serait obligatoirement signé par tout intervenant extérieur qui reconnaîtrait avoir été averti de la présence damiante et avoir reçu une formation spécifique de la prévention du risque amiante. Ce registre pourrait être consulté par linspecteur du travail et par les responsables de la sécurité sanitaire au niveau départemental (Direction départementale de laction sanitaire et sociale).
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en oeuvre)
Ministère de lemploi et de la solidarité (Direction des relations du travail et Direction Générale de la santé).
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités d'agir etc.)
FICHE TRAVAIL : T 12
Retrait de lamiante fortement lié dans des dalles de vinyle amiante
Définition du problème
Les travaux de retrait des dalles de vinyle amiante sont en apparence des travaux à faible niveau de risque, lamiante étant très fortement lié. Les mesures effectuées sur des chantiers denlèvement de ces dalles ont prouvé que dans des circonstances défavorables et du fait de lusage de mauvaises pratiques, les niveaux dempoussièrement pouvaient être élevés.
Objectif de la proposition
Améliorer la reconnaissance de la présence damiante dans des revêtements de sol avant leur rénovation (cf. fiche H 17) et la qualité technique des travaux de retrait damiante fortement lié dans des dalles plastique (vinyle-amiante), sans risque dexposition à des empoussièrements dépassant les normes réglementaires pour les ouvriers, ni pollution de lenvironnement.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action)
La reconnaissance de la présence damiante dans un sol dallé nest pas actuellement une obligation réglementaire contenue dans le décret 96-97 du 7 décembre 1996. Il faut quun renouvellement dun dallage plastique soit considéré comme une réhabilitation dans le texte réglementaire envisagé par ailleurs (H 17).
Larrêté du 14 mai 1996 demande la mise en oeuvre de mesures de protection " en fonction de lévaluation des risques ", qui en labsence dindications précises repose entièrement sur le chef dentreprise. Par ailleurs, il nest pas demandé de compétences particulières à lentreprise effectuant les travaux.
En pratique, les mesures de protection prises sur les chantiers ne répondent pas à une analyse objective des risques. Pourtant ces risques peuvent être importants, le retrait de revêtements en vinyle-amiante est une opération complexe qui peut engendrer de forts empoussièrements, si la technique employée nest pas la bonne et adaptée aux conditions de mise en uvre de ces revêtements. Ces dalles peuvent souvent être enlevées sans les briser et le niveau dempoussièrement est alors très faible. A lopposé une fixation beaucoup plus " efficace " peut conduire à les fragmenter, en outre elles peuvent être fixées par des colles renforcées avec de lamiante ou reposer sur des couches isolantes contenant également de lamiante. Dans ces cas, les tentatives inappropriées de nettoiement et de régularisation du support de ces dalles peuvent être à lorigine dempoussièrements élevés.
Dans ces conditions, la mise en place dune réglementation plus précise et plus rigoureuse est nécessaire. Elle devrait préciser qui est habilité à faire une évaluation des risques : il sagit dune question délicate qui requiert à lévidence des compétences particulières, du fait de la diversité des situations rencontrées.
Les comités techniques de la CNAMTS ont rédigé des recommandations concernant la dépose de matériaux contenant de lamiante fortement lié (canalisations en amiante ciment, enveloppes de bâtiments en amiante ciment). Des recommandations détaillées de même nature doivent être rédigées pour les dalles en vinyle amiante.
Enoncé de la proposition
Mettre en place une réglementation spécifique pour le retrait des produits à base de vinyle-amiante se fondant sur :
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en oeuvre)
Ministère en charge du travail. Comités techniques de la CNAMTS
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités d'agir etc.)
Les difficultés de mise en uvre dun savoir faire approprié et diversifié pour un acte technique dont la simplicité et le caractère répétitif à lidentique sont fréquemment acceptés sans vérification pratique par des personnes ayant lexpérience de ces travaux..
FICHE TRAVAIL T : 17
Publication de la base de données EVALUTIL qui réunit les évaluations mesurée du risque dexposition à lamiante
Définition du problème
Aujourd'hui pour l'évaluation du risque amiante lors d'opération de retrait, les maîtres d'ouvrage, maîtres d'oeuvre et services de prévention manquent de référentiels de mesures permettant de situer tel ou tel type d'opération sur une échelle de risque pour choisir des mesures de prévention adaptées à la nature véritable du risque.
Objectif de la proposition
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action)
Le souci daméliorer la qualité des bases de données du type EVALUTIL, motivé en particulier par la crainte de mettre à la disposition dun très large public des renseignements qui nont pas toujours une validation suffisante, a pour conséquence principale de priver les utilisateurs potentiels de repères concernant le risque. Il faut accepter que des données soient publiées " en létat ", en sachant que la publicité qui leur est donnée va contribuer à provoquer leur amélioration. Dans les secteurs où des acteurs de la prévention disposent de données non publiées, ils pourront contribuer à enrichir la base et les éventuelles différences observées ne peuvent que concourir au développement des études complémentaires nécessaires.
Enoncé de la proposition
Publier dans des délais courts la base de données EVALUTIL
Proposer à des maîtres d'ouvrages volontaires par l'intermédiaire des services de prévention de participer à la mise en commun de résultats de mesures enregistrées dans le cadre d'un protocole de mesurage préalablement défini et diffusé,
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en oeuvre
DRT, CNAMTS en collaboration avec les chercheurs qui ont contribué à la réalisation de cette base
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités d'agir, etc.)
Les difficultés du passage à lacte dans la réalisation dun projet qui est toujours en évolution, faisant différer la publication dans une recherche de perfection qui ne peut jamais être atteinte.
FICHE TRAVAIL : T 15
Réalisation dun guide simple et pratique à lusage des entreprises et des artisans regroupant lensemble des dispositions réglementaires concernant le risque lié à lamiante
Définition du problème
La réglementation concernant lamiante est complexe et dispersée. Elle interfère en outre avec de nombreuses autres dispositions réglementaires concernant les chantiers du bâtiment. Dans ces conditions, il est difficile pour le propriétaire et plus encore pour le chef dune petite entreprise de la respecter.
Objectif de la proposition
Rendre la réglementation compréhensible et accessible de telle sorte que les entreprises, notamment les petites, puissent sy conformer.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action)
On peut difficilement espérer que des petites entreprise du bâtiment se conforment à des textes que même les " spécialistes " ne savent pas toujours interpréter. Une présentation claire articulant les différents textes est indispensable. Pour cela il faudrait quun guide soit écrit par un groupe restreint de personnes à la demande explicite de la direction des relations du travail, en coordination avec les autres directions ministérielles concernées et avec le soutien des organismes techniques impliqués dans la prévention (CNAMTS, INRS, OPPBTP, CSTB).
Enoncé de la proposition
Publier un guide de la réglementation amiante (y compris ses interférences avec les autres dispositions réglementaires) qui soit à la fois complet et facile à comprendre.
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en oeuvre)
Ministère en charge du travail.
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités d'agir etc.)
Plusieurs documents ont été publiés par des organismes différents. Ils ne couvrent pas des domaines identiques et il est important déviter de prolonger cette dispersion et de produire des documents simples, complets et régulièrement mis à jour. La difficulté est de coordonner les efforts dorganismes parfois persuadés quils nexistent que sils produisent leur propre documentation.
FICHE MALADIES PROFESSIONNELLES : MP 18
Simplifier le système de reconnaissance des maladies professionnelles pour le rendre plus juste, rapide et conforme aux principes établis par la loi
Définition du problème
Les maladies professionnelles provoquées par l'amiante sont reconnues et indemnisées suivant une procédure particulière aux affections provoquées par l'inhalation de poussières. La justification de ce régime est insuffisante par rapport à ses inconvénients. Il constitue un obstacle à la reconnaissance de l'origine professionnelle de la maladie.
Objectif de la proposition
Rendre plus équitable et plus rapide la reconnaissance des pathologies professionnelles liées à l'amiante, en particulier les pathologies tumorales.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action)
L'argumentaire a été développé dans le corps du rapport et dans des fiches de proposition spécialisées, le but de cette fiche est de résumer les principales propositions concernant les maladies professionnelles provoquées par l'amiante. Les éléments principaux sont :
Il convient également de réaliser des améliorations de détail concernant certains régimes particuliers qui comportent des anomalies inacceptables (régime des fonctionnaires, des marins).
Enoncé de ces propositions
| supprimer les modalités de la reconnaissance des maladies professionnelles spécifiques des pneumoconioses définies par les articles D.461-5 à D.461-7, D.461-12 à D.461-16 et D.461-18 et modifier les articles D.461-8 à D.461-11 du code de la sécurité sociale, (ces dispositions ne correspondent pas à une obligation législative, elles se fondent sur une possiblité ouvertes par l'article L. 461-7 du même code), | |
| quand un salarié présente une tumeur primitive de la plèvre, il est inutile de tenter de prouver une exposition à l'amiante dans les emplois précédents, il suffit de vérifier que la personne qui développe une telle tumeur a travaillé dans l'une des professsions exposées à un contact avec l'amiante. La liste de ces professions doit être déterminée dans le cadre des tableaux de maladies professionnelles, | |
| quand un salarié présente un cancer primitif broncho-pulmonaire, l'amiante étant une cause minoritaire de ces tumeurs, il n'est pas possible d'adopter le dispositif proposé pour les mésothéliomes. Il faut que plusieurs procédures complémentaires soient utilisées pour permettre la reconnaissance de la maladie professionnelle : |
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organisme susceptible de la mettre en uvre)
Direction de la sécurité sociale - CNAMTS
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités dagir etc.)
La suppression des dispositions spécifiques concernant les pneumoconioses n'est pas une proposition nouvelle. Elle avait déjà été envisagée favorablement par la CNAMTS et proposée par elle à la Direction de la sécurité sociale. Les insuffisances actuelles du système sont tellement évidentes que le refus des modifications proposées ne pourrait que multiplier les recours au système judiciaire, soit à l'encontre de l'employeur en utilisant le motif de la faute inexcusable, soit à l'encontre des organismes de sécurité sociale en exploitant les défauts d'application fréquents des règles concernant la prévention et les enquêtes prévues réglementairement après les demandes de reconnaissance de maladies professionnelles.
FICHE MALADIES PROFESSIONNELLES : MP 8
Supprimer les dispositions qui réduisent les droits des patients atteints par une pneumoconiose reconnue dorigine professionnelle
Définition du problème.
Les maladies professionnelles provoquées par linhalation de poussières (pneumoconioses) sont régies par des dispositions réglementaires particulières dont la justification était à lorigine de nature économique. La fréquence des silicoses faisait craindre un coût élevé pour le régime des maladies professionnelles et une disposition réglementaire sans aucun fondement médical a introduit des restrictions des droits des patients, alors que lorigine professionnelle de la maladie était reconnue.
Objectif de la proposition.
Abroger les dispositions du régime des pneumoconioses concernant la restriction des droits sagissant des prestations en nature et indemnités journalières.
Suppression de ces dispositions dérogatoires (art. D. 461-12 css).
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action).
En application de lart. D. 461-12 css, le droit aux prestations en nature et aux I.J. nest ouvert que si la victime présente une complication légale de sa maladie ou une insuffisance respiratoire chronique caractérisée, celle-ci étant très restrictivement définie par une circulaire du 4 novembre 1988 (PaO2 inférieure à 65 mmHg). Ceci conduit à écarter de ces droits lénorme majorité des victimes de fibrose. Cest injuste et une telle mesure a pour seule motivation de réduire les dépenses, ce qui nest pas acceptable éthiquement. Cette situation a déjà été estimée comme abusive dans le rapport de la commission présidée par M. DENIEL.
Enoncé de la proposition.
Suppression des dispositions dérogatoires limitant le droit des victimes atteintes de maladies professionnelles mentionnées à lart. D. 461-12 css.
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organismes susceptibles de la mettre en oeuvre).
Mesure réglementaire dépendant du ministère de lemploi et de la solidarité (Direction de la sécurité sociale)
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités dagir, etc).
Il sagit uniquement dobstacles économiques. Largumentation médicale est inexistante.
FICHE MALADIES PROFESSIONNELLES : MP 1
Modifier le délai de prescription en matière de maladie professionnelle
Définition du problème.
Dans le domaine des maladies professionnelles, les patients ignorent souvent l'origine de leur maladie et fréquemment les médecins ne les avertissent pas du risque de perdre leurs droits à la reconnaissance de l'origine professionnelle, du fait d'une démarche trop tardive.
Objectif de la proposition.
Fixer le délai de prescription en tenant compte du moment où lon envisage dans un certificat médical remis au patient lorigine professionnelle dune maladie et non le point de départ des premières constatations médicales.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action).
De nombreuses victimes et ayants droit n'ont pas été informés de l'origine professionnelle de l'affection.
Aujourd'hui, si elles déclarent leur maladie professionnelle, elles se voient opposer le délai de prescription de deux ans prévu à l'art. L.431-2 et L.461-5 du code de la sécurité sociale,
Cette situation fait l'objet d'une proposition dans le rapport de la commission présidée par M. Deniel.
Énoncé de la proposition.
Prévoir, comme point de départ faisant courir le délai de prescription, la date de constatation médicale évoquant l'origine professionnelle de l'affection.
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organismes susceptibles de la mettre en oeuvre).
Modification de larticle L.461-5 du code de la sécurité sociale (partie législative de ce code).
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités dagir, etc.).
Seule la volonté de ne pas aggraver les charges du régime des maladies professionnelles pourrait justifier une opposition à cette proposition qui correspond à une exigence de justice élémentaire. On ne doit pas utiliser la sous information des assurés pour éviter davoir à leur reconnaître une maladie professionnelle.
FICHE MALADIES PROFESSIONNELLES : MP 3
Réduire le délai dinstruction après une demande de reconnaissance dune maladie professionnelle
Définition du problème.
Le délai dinstruction des dossiers par les caisses de sécurité sociale est souvent anormalement long.
Objectif de la proposition.
Instaurer un délai réglementaire dans lequel lorganisme de S.S. est obligé de se prononcer.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action).
Actuellement, lorsque la Caisse primaire dassurance maladie a adressé la lettre de réserve dans le délai de 60 jours après la déclaration de maladie professionnelle (Art. R 441-10 du code de sécurité sociale.), elle na plus aucune obligation de délai pour prendre sa décision. Linstruction tant médicale quadministrative des dossiers peut durer des mois, parfois des années. Cette situation a déjà été évoquée dans le rapport de la commission présidée par M. Deniel.
Enoncé de la proposition.
Instaurer un délai maximum de 4 mois, prolongé éventuellement de 2 mois en cas de difficultés justifiées par la C.P.A.M. pour instruire le dossier. Ces difficultés doivent clairement être signifiées à lassuré ou ses ayants droit au cours des deux premiers mois dinstruction. Passé ce délai, le caractère professionnel serait établi.
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organismes susceptibles de la mettre en oeuvre).
Modification de lart. R 441-10 du code de sécurité sociale (partie réglementaire du code).
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités dagir, etc).
La difficulté dinstruction de certains dossiers est un argument souvent évoqué pour justifier les retards, mais largument na pas de valeur sil sagit dun retard de type administratif lié en particulier à des moyens denquête insuffisants ou à des délais dexpertise anormalement longs. Seuls les retards imputables au malade (absence de réponse à des demandes précises des caisses indispensables pour instruire une décision) peuvent justifier un retard au règlement des dossiers.
FICHE MALADIES PROFESSIONNELLES : MP 6
Reconnaître les épaississements pleuraux unilatéraux dans le tableau 30
Définition du problème.
Le tableau n° 30 fixant la liste des affections pouvant être reconnues comme imputables à une exposition professionnelle à lamiante ne retient que les épaississements pleuraux bilatéraux. Cette restriction na pas de justification médicale.
Objectif de la proposition.
Prendre en compte les épaississements pleuraux unilatéraux.
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action).
Actuellement, seuls les épaississements bilatéraux sont reconnus dans le tableau n° 30. Or, létude de Catilina et Laubignat a démontré que ces épaississements sont fréquemment unilatéraux. Il sont reconnus en Grande Bretagne.
Enoncé de la proposition.
Inscription des épaississements pleuraux unilatéraux dans le tableau n° 30.
Localisation de cette action (localisation administrative et/ou organismes susceptibles de la mettre en oeuvre).
Ministère de lemploi et de la solidarité - modification par voie réglementaire des dispositions du tableau 30.
Difficultés déjà rencontrées ou prévisibles pour son application (coût, délais, capacités dagir, etc).
Les difficultés habituelles pour modifier le contenu des tableaux de maladies professionnelles. Les arguments sont plus économiques que médicaux.
FICHE MALADIES PROFESSIONNELLES : MP 7
Supprimer lexigence dune durée dexposition de 5 ans pour reconnaître les pathologies énumérées dans le tableau 30
Définition du problème.
Des durées dexposition ont été fixées pour permettre la reconnaissance de lorigine professionnelle de certaines pathologies provoquées par lamiante. Il est possible de développer ces maladies avec des durées dexposition courtes et un empoussièrement important.
Objectif de la proposition.
Supprimer lexigence dune durée dexposition dans le tableau n° 30 (cf. art. D. 461-13, al. 1 du code de la sécurité sociale.).
Argumentaire (état de la question, données disponibles pour fonder une action).
Jusquau décret du 22 mai 1996, les collèges de 3 médecins pouvaient admettre le caractère professionnel dune maladie inscrite au tableau n° 30 même si la durée dexposition nétait pas respectée. Désormais ce type de dossier, après que le collège a caractérisé la maladie, est examiné par le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, devant lequel la victime ne bénéficie pas de la présomption dimputabilité.
La survenue de pathologies, en particulier de mésothéliomes, après une exposition inférieure à 5 ans est fréquente. Dans le cas des mésothéliomes lorigine de la tumeur étant exceptionnellement étrangère à lexposition à lamiante, la notion de durée dexposition est particulièrement abusive.
Enoncé de la proposition.
Suppression de la durée dexposition de 5 ans inscrite